Vous êtes sur le blog "Fleurs de Printemps" qui a pour thêmes : Souffle - Poésie - Connaissance de la nature, en lien avec les principes de la philosophie chinoise, du TAI CHI CHUAN, du QI GONG et des arts martiaux en général
Si un jour, vous rencontrez un âne, demandez-lui de vous aider à mieux comprendre le premier principe du taiji quan : absorber
Amusons-nous (il s’amusera aussi, surtout si c’est un âne malicieux et il y en a beaucoup !) à le pousser sur toutes les parties de son corps, pas comme des brutes, bien sûr, mais comme nous le ferions avec un partenaire.
L’âne a t-il bougé ? A t-il déplacé seulement une patte ? S’est-il gentiment moqué ou attend-il patiemment que nous recommencions ?
Que sentons-nous sous nos mains ? Une sorte de matière chaude serrée et souple à la fois, vivante comme une balle de coton qui se serre quand nous la pressons mais cette fois avec quatre pattes ! Ca résiste et ça ne résiste pas… Ca s’écrase et ne s’écrase pas… Ca s’enfonce et ne s’enfonce pas…
Comment fait-il cet âne, lui qui ne pratique ni taiji ni qi gong, à part le gi gong de la voix lorsqu’il veut un câlin et du foin, ou inversement ?
Il a quatre pattes, quatre piliers en quelque sorte, c’est plus facile pour s’ancrer dans la terre. En plus, il a mangé du foin, des pommes et du pain dur tout l’hiver donc il est gros comme un bœuf, ça aide. Enfin, son centre de gravité est très bas. Mais cela n’est pas suffisant ! Nous avons tout de même deux jambes, c’est moins bien que l’âne mais mieux qu'une aigrette, et nous avons aussi mangé beaucoup de cassoulet et de gratin dauphinois cet hiver !
Ce qui fait que l’âne ne bouge pas, c’est qu’il est enraciné et détendu, voilà tout ! En tant qu’animal, il est relié à la terre chaque seconde de sa vie sans même s’y efforcer, pour lui, c’est naturel. Non seulement il absorbe la poussée de notre corps mais il la transfère immédiatement au sol par ses quatre pattes. Il l’annule. Il crée un courant continu entre nous, lui et la terre et ce courant le scelle comme un pieu dans son pré. Il fait tout cela sans le faire, tout en mâchouillant sa bouchée de foin, tandis que nous sommes en sueur…
Merci l’âne, pour cette leçon !